Retour sur l’interview pour la création d’un document à envoyer à Benoît Lacourt

Aller en bas

Re: Retour sur l’interview pour la création d’un document à envoyer à Benoît Lacourt

Message par CamilleV le Mar 14 Nov - 15:12

Guide de lecture :

en rouge : les extraits de l'entretien 1
en bleu : les extraits de l'entretien 2
en gris : nos points d'interrogation ou nos commentaires.
Le sigle NSP correspond à "Ne Sais Pas"

Méthodologie de travail :

1. Parmi les items, chacun en choisit un ou deux qu'il a envie d'approfondir, pour en faire un retour à B. Lacourt. Ce retour peut se faire sous forme de commentaire, de questionnement, de point de vue critique, etc. L'idée c'est surtout que le dialogue avec lui continue, du moins à mon sens.

2. Il serait tout de même bien que ces commentaires soient des commentaires éclairés, c'est-à-dire étayés par des éléments tirés de nos lectures... c'est certes pas une obligation, mais c'est mieux !

3. Une fois qu'il a rédigé sa petite bafouille, il la fait tourner à un autre membre du collectif, qui la corrige, la complète, ou en fait l'éloge et ne touche rien.

4. Pas besoin d'en faire des caisses : un document de deux ou trois pages suffira bien.

5. A vos claviers, un, deux, trois... partez.

Historique de la structure

A l'origine, à la fin du siècle dernier, entre 98 et 2003, un groupe de travail pluri-institutionnel s'est constitué, qui réunissait des professionnels du secteur médico-social (ESAT, SAVS, PMI, centres médico-sociaux), lesquels étaient confrontés à ce type de situation, avec une recrudescence de naissances dans des familles où au moins un des deux parents se trouvait en situation de handicap. [entretien 1]

Ici c'est la question fédératrice qui peut nous intéresser. Ce qui fait que leur projet a marché c'est qu'ils ont su faire exister une problématique, non pas seulement au niveau restreint du secteur médico-social, mais au niveau politique. Le groupe de travail a joué un rôle d'alerte, en portant la problématique PADI à l'intérêt du politique. Or pour faire exister une problématique, il faut être plusieurs, afin de démontrer qu'elle touche tous les acteurs de terrain ; autrement dit qu'elle n'est pas une problématique isolée, mais quelque chose qui fait souci communément.

Ce qui a émergé pendant ce temps-là c'est la nécessité de prendre en compte les situations telles qu'elles venaient. Et de sortir des représentations qui pouvaient être massives (et qui existent encore, on est pas totalement débarrassés de ça), selon lesquelles ces personnes-là ne pouvaient pas être parents. Or c'était faux, ils l'étaient. Il fallait bien prendre en compte les situations d'enfants nés dans des familles PADI. [entretien 1]

La phrase-clef, ici, c'est sortir des représentations : paradoxalement c'est cette volonté de sortir des représentations communes qui va engager du commun...

Cf. Enquête PADI :

« Durant les travaux préparatoires à l'enquête, tous, nous nous accordions sur le fait que les parents rencontraient des difficultés et que le sens commun les stigmatise comme incapables de pourvoir correctement à l'éducation de leurs enfants. Objectiver, ou tout au moins tendre à une objectivation de ces difficultés, nous tenait donc particulièrement à cœur. » [PADI. 142]

L’orientation :

I. Comment toucher les familles qui ne sont pas déjà dans le réseau institutionnel (foyer, ESAT…)

Alors après les personnes nous sont orientées de manière assez variée. Le bouche à oreille ça fonctionne pas mal, les collègues d'ESAT entre eux notamment parlent du service, et ça ça fonctionne. Et puis sinon, tous les services, que ça soit un ESAT, un SAVS, PMI, services de l'ASE, vont pouvoir orienter les personnes vers notre service. [entretien 1]

Notre offre à nous elle s'adresse malgré tout à des personnes qui ont, un moment donné, eu la capacité de se poser la question, de se dire qu'ils étaient dans une situation où ils avaient besoin d'être soutenus et d'adresser une demande et d'accepter cette demande. Ce qui fait que c'est probablement pas la majorité des personnes qui ont cette capacité là. Voilà, donc nous on peut soutenir les gens, on peut les accompagner à partir du moment où ils ont repéré chez eux ce besoin et qu'ils sont d'accord pour qu'un service les accompagne. [entretien 2]

Notre notre objectif à nous c'est pas forcément que toutes personnes en situation de handicap qui sont devenues parents aient un accompagnement. Après la difficulté, ça doit toujours être une réflexion à mener, c'est comment toucher les personnes qui finalement en ont besoin et qui, pour différentes raisons, n'ont pas accès au service. L'hypothèse qu'on avait pu faire c'est que ces personnes là craignent de se tourner vers des services spécialisés, des services sociaux, de peur d'être jugées, et puis qu'on leur retire leur enfant. Parce que cette crainte là elle est très très souvent exprimée, y compris chez les personnes que nous accompagnons. [entretien 2]

Par définition, les personnes qui ne souhaitent pas venir, qui ne souhaitent pas aborder leur situation, elles restent chez elles. Elles ne se signalent pas et puis elles font en sorte qu'on ne puisse pas avoir connaissance de leur situation. Mais on avait imaginé pouvoir créer des espaces d'échanges, des ateliers avec des supports divers et variés ouverts au public d'une manière large en s'appuyant sur le réseau. Avec les partenaires, avec les différents services, que ce soit la PMI, les SAVS, les ESAT, etc., pour faire connaître cette proposition. On a fait une ou 2 tentatives, on a eu personne donc on s'est dit que c'était pas comme ça qu'il fallait qu'on s'y prenne. [entretien 2]

C'est pas parce que nous on intervient [pas] directement que rien ne se fait. Il y a des choses aussi qui se font un petit peu dans tous les secteurs. Ce qui compte c'est que les personnes qui en ont besoin soient informées aussi de ce qui existe. Et c'est une des raisons pour lesquelles on avait édité le guide VIF, que peut être vous avez vu sur internet. [entretien 2]


II. Comment chiffrer les besoins ?

Ouais d'accord alors, malheureusement je n'ai pas de statistique du nombre de personne ou de famille qui pourrait être concernées par notre service. Euh, voilà,  c'est une 1ere réponse pas satisfaisante [entretien 2]

Y a pas eu de mesure exact du nombre de famille concernée, on pourrait le faire sauf qu' on ne s'en est pas occupé, personne ne s'est occupé de ça. Mais on essaie de toucher les personnes en situation de handicap par d'autres biais et notamment par les actions du réseau que nous animons et qui là du coup permettent à des professionnels de se servir de, entre guillemets, de notre service comme pôle ressource, de manière à pouvoir être soutenus eux dans leur rôle auprès des familles. [entretien 2]

III. Lien avec le nombre de places prédéfinies ?

ceci dit on ne constate pas un afflux massif de demande on a toujours euh... comment dire, quelques situations en attente mais finalement assez peu pour que se soit problématique pour nous si vous voulez, que ça nous pose vraiment des questions par rapport à un délai d'attente qui serait trop important. [entretien 2]

On a nos 26/24 places effectives, qui sont remplies régulièrement avec parfois des petites baisses, le temps de faire rentrer une nouvelle situation. On a toujours 2 ou 3 situations en en attente. Alors ce qui fait qu'on pourrait se dire qu'y a pas tant de besoin que ça, alors que c'est certainement pas si simple que ça...[entretien 2]

L’admission

IV. Comment gérer l’urgence ?  En cas de grossesse par exemple ?

NSP

V. Lien avec les critères d’admission / le Turn over / les places vacantes à remplir.


VI. Quelle pression du département pour remplir les places vacantes si il y en a?

NSP

Le temps de l’accompagnement

VII. Quelle durée de l’accompagnement ?

Il peut être arrêté à tout moment, à la demande des personnes par exemple. S'il y a quelqu'un qui veut arrêter, eh ben on ne peut pas s'opposer au fait que ça s'arrête. Et puis nous institutionnellement on peut reconduire un contrat jusqu'à la majorité du dernier enfant. [entretien 1]

VIII. C’est la seule structure qui accueille jusqu’aux 18 ans de l’enfant. Quel turn-over est possible dans ces cas là ? Si une famille PADI fait 3 enfants elle peut être suivie durant 27 ans (ex : 1 enfants tous les 3 ans). Question de la dépendance des familles au service ?

NSP.

IX. Lien avec la capacité d’apprentissage des parents ? Au sens où si parfois les parents ne peuvent pas, ça n'est pas forcément qu'ils ne peuvent pas, mais que le biais d'apprentissage proposé n'est pas le bon...

NSP

X. Quel réseau crée pour faciliter voir arrêter l’accompagnement en amenant la famille à trouver des ressources à l’extérieur du domicile ou du SAPS ?

Une autre partie du travail va être non pas d'accompagner au domicile mais d'accompagner les parents qui le souhaitent et qui en ont besoin vers des services de proximité, que ce soit la PMI, à l'école, pour un mode de garde particulier, etc. C'est toute cette mission d'articulation et de coordination des intervention dont on parlait plus tôt. Ce qui donne lieu à des réunions de concertation, dans lesquelles la plupart du temps les parents sont présents, pour voir avec eux ce dont ils ont besoin, comment on peut fonctionner au mieux, et comment les choses peuvent s'articuler. [entretien 1]


Capacités parentales

XI. Le SAPS n’évalue pas les capacités parentales mais s’appuie sur leurs ressources. Accompagnement des parents « comme les autres ».

C'est à dire qu'on n'est pas là pour poser un diagnostic, on n'est pas là pour mesurer des compétences. On est là pour aider des parents à trouver des ressources dont ils ont besoin pour assurer leur rôle de parents. Donc on n'est pas là pour établir une cartographie complète de leurs compétences. C'est pas çà qui nous intéresse. Ce qui nous intéresse c'est sur quoi vont ils pouvoir s'appuyer pour être parents et offrir à leur enfant un cadre suffisamment porteur qui permette à l'enfant de se développer de manière aussi harmonieuse que possible.

Ce sont des parents qui font appel au SAPS d’eux-mêmes. Ils demandent de l’aide et donc acceptent d’être aidés. Ils identifient leurs propres besoins et sont parties prenantes de l‘accompagnement.

XII. Comment accompagner les « autres » parents PADI ?

NSP

XIII. Questionnement sur le stress parental lié à la sur-exigence du service.

Il y a des choses dont on ne parlera jamais parce que elles ne sont pas prioritaires même si, je sais pas moi, c'est une question d'hygiène qu'est pas tout à fait correcte dans un appartement, dans un logement, etc. Après si ça empêche pas l'enfant d'évoluer, si ça l'empêche pas d'être, d'avoir des réponses appropriées en terme d'éducation. Combien d'enfant vivent dans des milieux qui sont pas tout à fait hygiéniques, on va dire ? Ça ne les empêche pas de grandir donc... Et puis il faut faire attention à ça, à vouloir cerner tous les points d'une situation et demander aux parents d'être bon partout. Voyez, cette sur-exigence, elle peut être hyper stressante pour les parents. [entretien 2]

XIV. Question du deuil d’être parent en cas « d’incapacités » avérées ?

NSP

Question du placement ?

[Concernant l'admission] S'il y a une demande qui est du côté vraiment du soutien à la parentalité, ou pour les aider dans les différents domaines de la parentalité, je veux dire il n'y a pas de raison qu'on refuse. La seule limite qu'on peut avoir ou les questionnements qu'on pourrait avoir c'est si à l'énoncé des situations il y a un danger manifeste de l'enfant qui est révélé. Là on peut dire : "ben écoutez, là on pense que c'est pas nous, notre service. On peut pas répondre à ça, et il y aurait à se tourner vers un service de prévention, ou de protection de l'enfance". Ça arrive très peu, mais c'est notre limite. C'est à dire qu'on ne peut pas leurrer non plus les parents qui mettraient un enfant en grandes difficultés. Parce que c'est aussi notre responsabilité de ne pas faire perdre de temps à l'enfant. [...] Faut avoir conscience parfois que dans certaines situations les parents s'adressant à nous, ils rassurent un petit peu d'autres services sociaux qui auraient voulu mettre en place des mesures de protections. Et nous on veut pas non plus être instrumentalisés dans ce jeu là. [entretien 2]

XV. La PMI et l’ASE accompagnement certaines familles / font parties du réseau. Envoient-ils des familles au SAPS ou inversement ?

Dans le cas du placement de l'enfant, l'accompagnement peut perdurer. L'idée c'est d'accompagner la parentalité dans toutes ses dimensions et dans toutes les situations rencontrées. Effectivement on peut accompagner des parents en foyer de vie quand leurs enfants ne sont pas avec eux, ou des parents qui sont à leur domicile mais qui n'ont pas leur enfant non plus, soit parce qu'il est avec l'autre parent ou parce que l'enfant est placé. Après s'il y a une décision de placement, ça dépend dans quel cadre on se trouve, si c'est un placement administratif ça peut être un placement qu'on a préparé avec les parents. Ou une décision judiciaire. En tout cas il n'y a pas d'automaticité. Les choses sont discutées avec le parent et aussi du coup avec le service gardien [de l'enfant] pour voir la modalité d'accompagnement par notre service. Et puis ensuite comment on s'articule, bien sûr, pour que chacun puisse s'y retrouver. [entretien 1]

XVI. Comment travailler avec la crainte des parents de faire appel au service de peur que leur enfant soit placé / leur soit retiré ?

NSP

Quelles limites à l’accompagnement

XVII. Questionnement sur  l’accompagnement presque exclusivement à domicile (seul 3-4 WE par an en collectif / pas d’atelier collectif proposé)

Sinon l'essentiel de l'accompagnement se passe au domicile. On a un éducateur et deux éducatrices. Ils interviennent en gros une fois tous les 15 jours  pour une visite à domicile. Ce qui permet de faire le point sur la manière dont les choses se passent avec les enfants. Les rencontres peuvent avoir lieu uniquement avec les parents, ou avec les parents et les enfants, parfois les enfants seuls, mais sur des choses très particulières vues avec les parents. Et donc il s'agit sur la base de ces entretiens-là de mettre au travail différentes notions, qui sont liées à des éléments qui sont repérés par les éducateurs. [entretien 1]

Après la forme entretien, elle a ses limites, surtout avec le public que nous rencontrons. Alors ça se sont des choses qu'on a très vite repérées et c'est la raison pour laquelle on met en place des temps partagés. [entretien 1]

Et donc [on] ne se met pas dans une posture d'observation, il ne s'agit pas de se mettre dans un coin, mais de faire avec les parents, de faire et de proposer peut-être des manières de faire différentes, tout en respectant la place du parent. [entretien 1]

XVIII. Questionnement sur l’échange des savoirs entre parents : ateliers à thème / co-parentalité

Dans les modalités que l'on propose on a des modalités collectives. Et donc certain samedi on a des modalité d'accueil parents-enfants qui sont proposées, et donc là c'est le samedi matin, avec deux professionnels qui assurent l'accompagnement. C'est pas tous les samedis, il y en a trois ou quatre dans l'année. On peut pas faire beaucoup plus. Et puis on a aussi des week-ends accompagnés, du vendredi au dimanche. Là aussi c'est encadré par deux professionnels. Il y en a quatre dans l'année. Ce sont les familles qui viennent, trois ou quatre d'entre elles dans un même gîte, et elles passent le week-end ensemble, avec l'encadrement des éducateurs. Et les éducatrices travaillent un certain nombre de points en s'appuyant sur le quotidien. [entretien 1]

XIX. Création d’un réseau de parents / d’entre-aide  : Lien avec les mamans relais rencontrées à l’ENS pour le handicap moteur et sensoriel.

XX. Quelles sont les limites que l’on se fixe dans l’accompagnement ?

NSP

XXI. Lien avec la dépendance des usagers au service

NSP

Logement ?

XXII. Comment gérer la question du logement ? En cas de grossesse au sein d’un foyer d’hébergement ? En cas d’urgence ? Quel réseau créer ?

On a pas de personnes en foyer d'hébergement actuellement, mais on a eu des personnes en foyer de vie. Mais là c'était des personnes qui ne vivaient pas avec leur enfant, parce que c'était pas possible dans le cadre du foyer de vie, mais qui étaient parents malgré tout, leur enfant étant confié dans cette situation-là à une famille d'accueil à l'ASE. Donc on peut accompagner ce type de situation. Mais dans la plus grande majorité on accompagne des parents qui ont leurs enfants avec eux, ce qui n'empêche pas qu'on intervienne là bien qu'on ait moins de demandes, parce que les gens peut-être n'y pensent pas. Ou peut-être la question se traite différemment. Et notamment dans le cadre du réseau aussi. C'est-à-dire que les professionnels des foyers d'hébergement viennent chercher de la matière de réflexion conceptuelle dans le cadre des activités du réseau. [entretien 1]



Sensibilisation des partenaires :

XXIII. Outils de méthodologie et recueil des compétences crée au SAPS / Concertation avec production de documents écrits.

Dans le cadre du réseau on est allé un petit peu plus loin, on a construit une méthodologie qu'on a appelé Projet partenarial d'accompagnement à la parentalité et qui s’appuie sur un guide recueil des éléments significatifs de la situation qu'on a élaboré.
Donc çà c'est travail qui avait pour objectif d'aider les professionnels à sortir des représentations qu'ils pouvaient avoir à propos d'une famille. Cet outil leur permet de regarder pas uniquement un seul point de la situation, mais d'élargir leur regard et de balayer un ensemble de paramètres. Ce travail-là, est réalisé en plusieurs temps. D'abord la famille donne son accord pour qu'on puisse s'engager dans cette démarche-là, avec les professionnels qui sont désignés et avec lesquels on s'est mis d'accord pour les inviter avec la famille, remplissent donc ce recueil des éléments significatifs. Ensuite il y a un temps de concertation, un temps de travail entre professionnels. Et ensuite [un temps] avec la famille qui permet de balayer un petit peu l'ensemble de la situation, de pas se focaliser juste sur les points qui inquiètent mais aussi regarder ce qui fait ressource dans la situation et proposer des axes d'accompagnement à la famille et donc d'en discuter avec eux.
Donc après, ça fait l'objet d'un document où sont repris les propositions des professionnels, les échanges avec la famille et puis ce qu'on a retenu ensemble et le rôle de chacun dans ce travail là. Parce que c'est à la fois un outil qui permet de s'articuler entre différents services et qui permet aux professionnels de sortir des représentations et du prisme un petit peu réducteur parfois, qu'ils peuvent avoir sur une situation et puis surtout de donner la main à la famille, de leur donner la possibilité d'en faire quelque chose et de s'approprier les axes d'accompagnements. [entretien 2]



Lien avec la formation


XXIV. 2 places sont consacrées à cela dans ce SAPS. Ce sont les seul s à l’inclure dans les processus du SAPS / comme un objectif du projet (Lire le colloque de Lilles)


Financement du département

XXV. Découpage du département en délégations. Le SAPS dépend de la délégation de la solidarité. Pourrait-on dépendre de la délégation de la protection de l’enfance ?

Nous on s'appuie sur les politiques dans le domaine du handicap, contrairement à Lille où eux ils s'appuient sur les politiques de la protection de l'enfance. Donc c'est une porte d'entrée différente. Nous on est basé sur les politiques du handicap et ça nous semble plutôt pertinent, c'est-à-dire que ça permet de nous différencier vraiment des services de la protection de l'enfance. [entretien 1]

Et sinon, à la suite de notre création en 2004, trois autres SASP se sont créés de manière à pouvoir couvrir l'ensemble du territoire, et là on est en lien. On a constitué l'Inter-SASP44, où on se voit une fois par trimestre, et on avance sur un certain nombre de points. On partage autour de la pratique,  on a été force de proposition auprès du conseil départemental pour faire évoluer nos conventions, pour faire un socle commun de convention SASP, et puis là on s'engage dans des actions de formation. [entretien 1]


Les 4 SASP interviennent sur des territoires différenciés donc ça ne se chevauche pas. Ils existent à partir d'une convention qui contient un socle commun et toutes les conventions sont signées avec les services personnes handicapées du département. Donc la base est exactement la même et la porte d'entrée est exactement la même sur les 4 SASP.  [entretien 2]

En fait c'est un découpage qui est lié au découpage du département. C'est un découpage administratif. Nous on est collés au découpage administratif du département qui a subdivisé les territoires en délégations. Et donc nous on est rattaché à la délégation de solidarité parce que dans chaque délégation et bien il y a la solidarité. Il y a, je sais pas moi, les collèges, les routes... enfin bon bref. Donc nous on est rattaché à la solidarité et du Bassin de St Nazaire et du Pays de Retz. Mais ce sont des territoires qui correspondent à ce découpage là quoi. [entretien 2]

Après la complémentarité entre une approche qui privilégie la compensation du handicap et qui soutien l'adulte parent et une approche qui est du côté de la prévention, la protection de l'enfance, elle se fait en partenariat avec les services de la PMI et de l'ASE et des services associatifs qui font de l'AED par exemple. Elle se fait aussi avec l'intervention des TISF qui peuvent intervenir au titre de la prévention [entretien 2]



Rendre des comptes de l’activité

XXVI. Quels sont les critères d’évaluation du RAF qu’ils écrivent chaque année ?

C'est à ce titre que le conseil départemental nous débloque une enveloppe annuelle pour fonctionner au titre des politiques de compensation du handicap. C'est donc une enveloppe annuelle, sachant qu'on a défini un nombre de places pour pouvoir calculer le coût. À un moment donné le conseil départemental a du rapporter ça à un coût par places. Et donc nous on est à 26 places. [entretien 1]

XXVII. Ils « impulsent » un COPIL chaque année / le réunissent comme si ils n’avaient pas besoin de prouver leurs résultats = légitimité créée dans la genèse du projet ?

On organise tous les ans un Comité de suivi ou Comité de pilotage, qui réunit donc une fois par an notre service (donc direction et travailleurs sociaux), le responsable des délégations des territoires de solidarité, les responsables de l'ASE et de la PMI, de la politique handicapés et un représentant du conseil départemental. Au niveau du siège à Nantes. Donc c'est une instance institutionnelle qui nous permet, sur la base de notre rapport d'activité annuel, de présenter nos actions, le sens qu'on leur a donné, comment on a utilisé les moyens qui nous ont été octroyés, et puis d'engager aussi un échange avec nos partenaires présents, en ce qui concerne les besoins qui sont repérés sur les territoires. [entretien 2]

XXVIII. Comment créer une légitimité ?

Ce dialogue-là [COPIL], cet échange-là, il est extrêmement important. Parce que c'est ça qui nous légitime au fur et à mesure si vous voulez. C'est à dire que nous, on toujours eu cette attention à être à l'écoute de ce qui pouvait remonter de la part de l'ASE, de la PMI, du pôle PH de manière à s'y inscrire et faire des propositions qui aient du sens par rapport aux besoins repérés. Donc, en fait, on a essayé entre guillemets de se rendre indispensables. Enfin de dire : "bon ben voilà nous on peut développer ça, est ce que ça vous semble intéressant ? On peut développer telle modalité d'accompagnement..." Ce qui était très intéressant d'ailleurs parce que c'est très créatif. C'est à dire que ça nous oblige à inventer des choses, à les proposer. [...] Et d'ailleurs, les partenaires le faisaient remonter volontiers au siège du département à Nantes ce qui à contribuer je pense à à convaincre le financeur de continuer à développer ce type de service. [entretien 2]

XXIX. Comment répertorier un besoin et le combler au sein du département ?

Qu'est ce qui a motivé le conseil départemental ? Voilà, je crois qu'ils ont été sensibles à un moment donné au fait qu'il y avait un nombre grandissant de situation d'enfants qui naissaient au sein de couples dont les parents étaient en situation de handicap et qu'il fallait rendre efficient ces accompagnements. [entretien 2]

On n'a pas la prétention de pouvoir dire que notre action elle a une influence générale ou globale sur tel type de paramètre ; que ce soit la scolarisation des enfants, que ce soit la réduction des placements, etc. On vient montrer que notre accompagnement permet à des situations de pouvoir se maintenir . [entretien 2]

Donc voilà, donc on s'est assez rapidement démarqués de ce genre d'objectif qui pour nous n'est pas... Sur les stats ça fait joli quoi, mais c'est pas représentatifs de la réalité. Et puis surtout de la manière dont on voit notre accompagnement. [entretien 2]

On avait aussi à ce moment là au département des personnes qui étaient très à l'écoute des problématiques familiales et qui portaient un réel intérêt au delà de la gestion financière, des moyens octroyés. Après il y avait bien sûr une idée de pouvoir rendre plus opérationnel, ou  plus efficace, plus efficient, l'accompagnement de ces personnes-là. Il y avait au départ un objectif affiché qui était de réduire le nombre d'intervenant dans une situation familiale. Donc ça on pourrait se dire, effectivement, il y a derrière un objectif de réduction de coût parce que moins il y a d'intervenant moins ça coûte. Voilà, bon ça n'a pas tenu longtemps ça parce que on a montré nous que c’est pas forcément le nombre d'intervenants qui est à questionner mais c'est plutôt le sens qu'on y met, que les parents y mettent et l'articulation qui peut se faire ou pas entre ces différents intervenants mais les uns ne peuvent pas remplacer les autres. Nous même, on ne peut pas se substituer à une puéricultrice de PMI, à une TISF, à une intervention de type AED, à un placement, à un curateur, etc. Chacun a sa place et chacun est utile. Ce qui compte c'est comment on s'articule ensemble et surtout pourquoi maintenir telle ou telle intervention. Est ce que ça a du sens au regard de la globalité de la situation ? [entretien 2]


On invite vraiment les partenaires à rentrer dans ce travail clinique et de le partager et de permettre aussi aux parents de se saisir de ce travail-là. [entretien 2]
 


Le réseau :

XXX. Idée de travailler ensemble sur la création d’un outil comme « le guide VIF » pour répertorier les partenaires et le réseau sur le département du Rhône ou la région. Pour que les PADI connaissent le réseau et les aides qui leur sont proposées.

CamilleV

Messages : 31
Date d'inscription : 05/03/2016

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Avancée

Message par CamilleV le Lun 27 Nov - 15:28

Monsieur Lacourt,

Suite aux deux entretiens téléphoniques que vous nous avez accordés, nous avions l'envie de vous proposer un bref retour écrit, pour faire état de nos réflexions sur le modèle institutionnel que votre discours nous a laissé à voir, ou plutôt à imaginer.

L'objectif que nous nous sommes donné ici s'énonce simplement : faire émerger par l'écriture ceux des points abordés par vous qui nous ont le plus interpellé, et retranscrire ainsi les débats qu'ils ont suscités au sein de notre petite équipe. À la lecture de ces pages, vous en apprendrez donc bien plus sur nous et l'état de notre projet que sur votre propre fonctionnement institutionnel ; l'inverse aurait été un comble !

Nous espérons cependant que la naïveté ou la candeur avec laquelle nous abordons ces problèmes – qui pour nombre d'entre eux sont nouveaux pour nous – saura au moins éveiller votre curiosité. Et si à terme cet écrit parvenait au moins à entrer en résonance avec certaines de vos préoccupations, alors vous nous verriez comblés.

Parmi la foule des thématiques que nous aurions pu aborder, notre choix s'est arrêté sur six grands axes qui concernent : 1) l'histoire institutionnelle et sa force d'inscription politique ; 2) la question des PADIs à la marge ; 3) ; 4) ; 5) ; 6) .  


1) D'une parentalité invisible à une parentalité accompagnée : la construction d'un objet de débat public et d'un espace d'intervention politique.


Certainement parce que nous-mêmes nous situons à l'instant fondateur de notre projet, le récit des origines que vous nous avez fait de la naissance de votre structure nous a particulièrement touché. D'abord parce que c'est une naissance double, du moins d'un certain point de vue. À bien vous entendre en effet, le SASP est d'abord l'émanation de tout un travail préalable, mené par un groupe pluri-institutionnel, dont l'objectif de départ était de porter dans le débat public une problématique jusque-là peu visible, ou peu considérée : celle de la parentalité des personnes en situation de déficience intellectuelle.

Les différentes étapes de la "politisation" de ce phénomène social particulier apparaissent bien dans la manière dont vous nous avez restitué l'histoire de votre structure. En voici en quelque sorte l'archéologie, telle que nous nous la représentons découpée en quatre grandes strates :

I. Des professionnels du médico-social, issus de différents horizons institutionnels, sont interpellés par une « recrudescence de naissance dans des familles où au moins un des deux parents se trouve en situation de handicap » [Entretien 1]. C'est le moment inaugural.
II. Ceux-ci se rencontrent et à l'issue de cette rencontre ils font un constat commun, et commencent aussi à dessiner une certaine compréhension du problème qui fait consensus : « ce qui a émergé pendant ce temps-là […] c'est la nécessité de sortir des représentations qui pouvaient être massives, selon lesquelles ces personnes-là ne pouvaient pas être parents. Or c'était faux, ils l'étaient. Il fallait bien prendre en compte les situations d'enfants nés dans des familles PADI. » [Entretien 1] L'expression clef, ici, c'est selon nous « sortir des représentations ». Or on voit que paradoxalement c'est cette volonté de se dégager des représentations communes qui va engager du commun... sur le socle d'autres représentations.
III. Ce qui en outre est affirmé ici, c'est la nécessité de porter au grand jour ce qui existe déjà mais est généralement occulté. Autrement dit il s'agit de monter des actions de « sensibilisation » pour alerter sur la problématique PADI, et ceci dans deux direction à ce qu'il semble, et qui se rapportent à deux compréhension possibles du terme de « sensibilisation ». Comme rendre plus apparent et comme rendre plus averti.
IV. Au premier sens il s'agit alors de mieux cerner le phénomène, son ampleur réelle, ses causes possibles, ses différents accents problématiques, etc. D'où l'enquête « Déficience intellectuelle et parentalité » réalisée par le laboratoire PADI en 2004 : « Durant les travaux préparatoires à l'enquête, tous, nous nous accordions sur le fait que les parents rencontraient des difficultés et que le sens commun les stigmatise comme incapables de pourvoir correctement à l'éducation de leurs enfants. Objectiver, ou tout au moins tendre à une objectivation de ces difficultés, nous tenait donc particulièrement à cœur. » [Enquête PADI, P. 142].
V. Au second sens il s'agit d'amener l'intérêt du public à se tourner vers cette problématique, par toutes sortes de moyens : colloques, tables rondes, articles de presse, etc.
VI. A ce stade la parentalité des personnes déficientes intellectuelles a depuis longtemps acquis sa qualité d'objet politique ou d'objet de débat public. Mais une étape supplémentaire est franchie dès lors que celle-ci devient le lieu d'une intervention de la part des pouvoirs publics, avec la création de dispositifs qui lui sont spécifiquement dévolus. Il s'agit entre autres choses de la création du SASP : « D'autre part il était important, à l'issue de cette réflexion, de créer un service spécifique, de ne pas s'appuyer sur un SAVS, comme cela se fait majoritairement en France, mais vraiment de créer un service spécifique qui aurait trois missions principales, [...] définies dans le cadre de ce groupe de travail. » [Entretien 1]

A partir de là il nous semble possible d'émettre trois grandes hypothèses :

* Qu'au moins pour partie le SASP doit sa pérennité au long travail qui a été fait en amont de sa création pour construire la « problématique PADI » comme un objet de débat public.

* Que l'extension de ce débat à d'autres secteurs que celui du médico-social, comme par exemple à l'endroit du champ de la recherche universitaire, doit avoir contribué au rayonnement de la structure, avec la dissémination de son modèle vers d'autres structures « soeurs », ceci par effet de légitimation.

* Que c'est ce même effort pour ancrer la problématique PADI dans le débat public qui permet la bonne entente entre les différents projets SASP et le financeur, avec la définition d'une ligne commune centrée sur l'intérêt des bénéficiaires : « Il y avait au départ un objectif affiché qui était de réduire le nombre d'intervenant dans une situation familiale. Donc ça on pourrait se dire, effectivement, il y a derrière un objectif de réduction de coût parce que moins il y a d'intervenant moins ça coûte. Voilà, bon ça n'a pas tenu longtemps ça parce que on a montré nous que c’est pas forcément le nombre d'intervenants qui est à questionner mais c'est plutôt le sens qu'on y met, que les parents y mettent et l'articulation qui peut se faire ou pas entre ces différents intervenants mais les uns ne peuvent pas remplacer les autres. » [Entretien 2]

2) Proposer des solutions aux PADIs à la marge.

À l'occasion de notre second entretien téléphonique, nous vous avons interrogé sur les moyens développés par votre structure pour toucher les personnes qui, pour différentes raisons, occupent une place en marge des dispositifs d'accompagnement liés aux politiques du handicap. Vous nous aviez alors répondu par deux arguments, l'un qui se rapportait aux attendus spécifiques de votre projet institutionnels, l'autre qui en faisait appel à la psychologie des personnes en question.

D'une part en effet vous insistiez sur le fait que votre offre s'adresse d'abord à des personnes en capacité d'élaborer une demande et d'accepter l'intervention du service : « Notre offre à nous elle s'adresse malgré tout à des personnes qui ont, à un moment donné, la capacité de se poser la question, de se dire qu'ils sont dans une situation où ils ont besoin d'être soutenus ». [Entretien 2]
L'autre argument repose quant à lui sur une certaine compréhension de la psychologie des personnes dont il est ici question : « Par définition, les personnes qui ne souhaitent pas venir, qui ne souhaitent pas aborder leur situation, elles restent chez elles. Elles ne se signalent pas et puis elles font en sorte qu'on ne puisse pas avoir connaissance de leur situation. […] L'hypothèse qu'on avait pu faire c'est que ces personnes là craignent de se tourner vers des services spécialisés, des services sociaux, de peur d'être jugées, et puis qu'on leur retire leur enfant. Parce que cette crainte là elle est très très souvent exprimée, y compris chez les personnes que nous accompagnons ». [Entretien 2]

Par-delà leurs différences, une certaine complémentarité lie ces deux argumentaires, laquelle s'inscrit en plein dans le prisme intellectuel qui dirige toutes les politiques actuelles entourant le handicap. A savoir l'obligation de contractualisation.

Cette question trouve d'ailleurs un écho assez direct dans la manière dont vous nous aviez présenté la mission première du SASP lors de notre première discussion : « On s'est positionné d'emblée sur une contractualisation directe entre les personnes et le service. Il n'y a pas de tiers, comme par exemple le conseil départemental qui viendrait, comme il le fait dans le cadre des AED, de l'aide administrative. Là c'est une contractualisation directe. L'idée c'est d'accompagner ces personnes-là dans tous les aspects de la parentalité, avant et après la naissance d'ailleurs. C'est-à-dire qu'on a pris tout de suite la possibilité d'accompagner soit dans la grossesse en cours, ou même avant conception, c'est-à-dire des personnes qui se posent cette question-là, ou ont manifesté un désir d'enfant, et à ce moment-là on peut intervenir ». [Entretien 1]

Ceci étant, fort est de constater que pour mieux rendre lisible le cadre général dans lequel s'inscrit votre intervention, ainsi que ses limites, votre argumentaire ne répond guère à la question de savoir quels aménagements pourraient être proposés pour toucher une population de PADIs plus socialement fragilisée et plus économiquement marginalisée que celle qui semble être concernée par vos services, et qui à ce que nous en avons compris semble être essentiellement composée de travailleurs ESAT ou de personnes déjà incluses dans différents systèmes d'aides : « Les personnes nous sont orientées de manière assez variée. Le bouche à oreille ça fonctionne pas mal, les collègues d'ESAT entre eux notamment parlent du service, et ça ça fonctionne. Et puis sinon, tous les services, que ça soit un ESAT, un SAVS, PMI, services de l'ASE, vont pouvoir orienter les personnes vers notre service. » [Entretien 1]

Si nous insistons sur cette question, c'est qu'elle nous semble cruciale, dans la mesure où la plupart des études sur le sujet [voir par exemple D.L. WILLEMS ] montrent que les situations les plus problématiques, à savoir celles qui donnent lieu à de mauvais ajustements parentaux qui nuisent au bon développement de l'enfant, sont celles où les personnes sont isolées socialement, professionnellement et géographiquement.

C'est-à-dire où les personnes sont a priori les moins à-même de « faire une demande » et de s'impliquer elles-mêmes dans une démarche de contractualisation...

CamilleV

Messages : 31
Date d'inscription : 05/03/2016

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Retour sur l’interview pour la création d’un document à envoyer à Benoît Lacourt

Message par emilie le Mar 28 Nov - 10:59

Comment on arrive à recenser les potentiels publics à qui on s'adresse ? Pourquoi ne pas faire une enquête sur la région, pour mieux connaître la population à qui on est en capacité de répondre ? Enquête qui pourrait collecter ses informations auprès des ESAT, SAVS, services de suite des IME, PMI, ASE, MDMPH, etc.

Un certain nombre d'outils ou d'espaces pourraient être mis en oeuvre pour "capter" ce public :

* un lien avec les écoles, comme le fait par exemple l'ASE, sur un autre modèle certes. Si les écoles savent que tu es dans le réseau, qu'ils ont un môme avec des parents déficients, alors un lien pourrait être mis en place.

* le café des parents : on met en place une thématique (parler pour que mon enfant écoute et écouter pour que mon enfant parle, etc.), les gens échangent autour de leurs manières de faire et de leurs savoirs, etc. Ces ateliers seraient ouverts à tous, et pas seulement aux usagers.

* lien avec la CAF et notamment le REEAP (Réseau d'Ecoute, d'Appui et d'Accompagnement des parents) : par ce biais on pourrait toucher un public plus large.

emilie

Messages : 27
Date d'inscription : 08/04/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Retour sur l’interview pour la création d’un document à envoyer à Benoît Lacourt

Message par emilie le Mar 28 Nov - 11:23

Intérêt du guide VIF

emilie

Messages : 27
Date d'inscription : 08/04/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Retour sur l’interview pour la création d’un document à envoyer à Benoît Lacourt

Message par emilie le Mar 28 Nov - 11:39

Thématiques à traiter :

1) Le temps de l’accompagnement / Quelle durée de l’accompagnement ? Eventuellement en lien avec la question de la surexigence parentale. Jusqu'où on va ?

Réponse : L'appui du réseau et mise en place de l'outil "projet partenarial d'accomp à la parent".

2) Intérêt de souligner les capacités parentales, de ne pas être dans un système d'évaluation / en lien avec la manière dont le projet est défendu auprès des financeurs.


emilie

Messages : 27
Date d'inscription : 08/04/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Retour sur l’interview pour la création d’un document à envoyer à Benoît Lacourt

Message par emilie le Dim 3 Déc - 16:05

3) Des limites de l'accompagnement
A l’émergence de notre projet nous nous sommes rapidement posé la question du temps de l'accompagnement. Quand commencerait la prise en charge? Mais aussi quelles en seraient les limites en terme d’intervention éducative à proprement parlé et dans le temps. Nous nous sommes demandé comment accompagner les parents vers le réseau afin qu'ils puissent trouver des appuis en dehors du service pour mettre fin à accompagnement. Nous vous avons longuement questionné sur ces sujets lors de nos deux échanges au travers de votre fonctionnement institutionnel, de vos contrats d'accompagnements, votre procédure d'admission et les termes de l’accompagnement.

Vous avez pu nous dire que la demande d’accompagnement venait des personnes elles-mêmes accompagné ou non par un autre service : « Le contrat d'accompagnement et les projets personnalisés d'accompagnement ne sont signés qu’entre les parents et notre service . On considère que l'engagement se prend à ce niveau là. Ce sont des personnes qui nous demandent un accompagnement (…) C'est avec les parents qu'on définit ensemble avec qui on va pouvoir travailler, se mettre en lien pour pouvoir répondre à telle ou telle question ou régler un élément de la situation. »

Nous nous sommes alors questionné sur les PADI qui auraient besoin d’aide mais ne serait pas la demandé et voir comment créer des outils de connaissance du service afin de la aider à venir nous rencontrer.
Nous vous avons questionné sur la durée de cette accompagnement car en effet nous nous demandions comment un accompagnement pouvait prendre fin . « Il peut être arrêté à tout moment, à la demande des personnes par exemple. S'il y a quelqu'un qui veut arrêter, eh ben on ne peut pas s'opposer au fait que ça s'arrête. Et puis nous institutionnellement on peut reconduire un contrat jusqu'à la majorité du dernier enfant. [entretien 1]

Vous êtes la seule structure qui accueillez les PADI jusqu’aux 18 ans de l’enfant. Si cette famille a 3 enfants cela pourrait sous entendre un accompagnement de la famille durant 27 ans. Ceci nous a interrogé sur l’émancipation des PADI dans l’accompagnement ou comment mettre fin à l’accompagnement en orientant les PADI vers le réseau de proximité et la création d’un lien social. Vous travailler énormément sur le réseau « Une autre partie du travail va être non pas d'accompagner au domicile mais d'accompagner les parents qui le souhaitent et qui en ont besoin vers des services de proximité, que ce soit la PMI, à l'école, pour un mode de garde particulier, etc. C'est toute cette mission d'articulation et de coordination des intervention dont on parlait plus tôt. Ce qui donne lieu à des réunions de concertation, dans lesquelles la plupart du temps les parents sont présents, pour voir avec eux ce dont ils ont besoin, comment on peut fonctionner au mieux, et comment les choses peuvent s'articuler. [entretien 1]

Cependant, au vu le territoire d’intervention, les rencontres entre PADI et l’échanges des savoirs se fait assez peu « Dans les modalités que l'on propose on a des modalités collectives. Et donc certain samedi on a des modalité d'accueil parents-enfants qui sont proposées, et donc là c'est le samedi matin, avec deux professionnels qui assurent l'accompagnement. C'est pas tous les samedis, il y en a trois ou quatre dans l'année. On peut pas faire beaucoup plus. Et puis on a aussi des week-ends accompagnés, du vendredi au dimanche. Là aussi c'est encadré par deux professionnels. Il y en a quatre dans l'année. Ce sont les familles qui viennent, trois ou quatre d'entre elles dans un même gîte, et elles passent le week-end ensemble, avec l'encadrement des éducateurs. Et les éducatrices travaillent un certain nombre de points en s'appuyant sur le quotidien. [entretien 1] »

La question reste de trouver un équilibre entre accompagnement à domicile, en groupe et en lien avec le réseau. Un équilibre que vous semblez trouver dans le vaste territoire qui est le votre en ayant toujours en tête que la sur-exigence dans l’accompagnement crée des limites à l’épanouissement et l’autonomisation des parents.
« Ce qui compte c'est de parvenir à définir le sens de ces interventions ensemble, pour qu'elles aient du sens pour les personnes accompagnées, et qu'elles ne soient pas vécues comme des intrusions. Parce que c'est un grand risque aussi, le sentiment d'être plus chez soi, d'avoir toujours des professionnels à qui se justifier, c'est quelque chose sur lequel il faut être très vigilants. D'ailleurs dans le cadre de nos journées d'étude, on avait travaillé cette notion de stress parental, avec notamment Bertrand Coppin, je sais pas si vous connaissez. Il faut faire attention par nos interventions, dans la multiplicité des interventions, qu'on ne crée pas davantage de stress auprès du parent qui peut perdre ses moyens aussi parce qu'il se sent observé, scruté par tel ou tel professionnel. »
« Et donc [on] ne se met pas dans une posture d'observation, il ne s'agit pas de se mettre dans un coin, mais de faire avec les parents, de faire et de proposer peut-être des manières de faire différentes, tout en respectant la place du parent. [entretien 1] »

emilie

Messages : 27
Date d'inscription : 08/04/2017

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Retour sur l’interview pour la création d’un document à envoyer à Benoît Lacourt

Message par Sandrine le Dim 10 Déc - 15:06

2) Intérêt de souligner les capacités parentales, de ne pas être dans un système d'évaluation / en lien avec la manière dont le projet est défendu auprès des financeurs.

Dans une société qui érige une parentalité modèle à laquelle les individus doivent se conformer, il devient alors difficile de laisser une place à des parentalités différentes. Un dispositif comme le SASP permet de penser ces parentalités différentes. En prenant le parti de souligner les capacités parentales des personnes en situation de handicap, le rôle de père et de mère est alors reconnu. Or, selon Houzel dans un  travail de groupe datant de 1999, il y a 3 axes de la parentalité : l 'exercice de la parentalité qui renvoie au droit et devoir des parents, la pratique de la parentalité qui correspond aux soins effectués par le parent et l'expérience de la parentalité soit le vécu et les ressentis du parent. Ce troisième axe renvoi à cette reconnaissance d'être père et mère par l'enfant lui même, par son conjoint, et par les personnes de l'environnement social et familial.

La reconnaissance des capacités parentales est le point d'orgue du SASP puisque vous partez du principe que les personnes en situation de handicap sont en capacité d'avoir et d'élever des enfants.
« C'est à dire qu'on n'est pas là pour poser un diagnostic, on n'est pas là pour mesurer des compétences. On est là pour aider des parents à trouver des ressources dont ils ont besoin pour assurer leur rôle de parents. Donc on n'est pas là pour établir une cartographie complète de leurs compétences. C'est pas çà qui nous intéresse. Ce qui nous intéresse c'est sur quoi vont ils pouvoir s'appuyer pour être parents et offrir à leur enfant un cadre suffisamment porteur qui permette à l'enfant de se développer de manière aussi harmonieuse que possible. »

« Ce sont des parents qui font appel au SAPS d’eux-mêmes. Ils demandent de l’aide et donc acceptent d’être aidés. Ils identifient leurs propres besoins et sont parties prenantes de l‘accompagnement. »
Comme le service n'intervient qu'à la demande, cela suppose que les personnes ont conscience de leur difficulté. Ils perçoivent alors le SASP comme un soutien à leur parentalité.

Une question peut alors se poser : Est ce que la volonté de ne pas mesurer les compétences des parents est lié au fait que l'intervention du SASP répond aux demandes des personnes et non d'un prescripteur comme un juge ou le département à l'ASE ? Par conséquent cela interroge sur le cadre d'intervention. En effet, est ce que le SASP de Lille dépendant de la protection de l'enfance fonctionne sur la valorisation des ressources ou sur le diagnostique des compétences?  Leur point de vue étant en lien avec les intérêts de l'enfant et non la compensation du handicap, il nous faudra les interroger.

« Il y a des choses dont on ne parlera jamais parce que elles ne sont pas prioritaires même si, je sais pas moi, c'est une question d'hygiène qu'est pas tout à fait correcte dans un appartement, dans un logement, etc. Après si ça empêche pas l'enfant d'évoluer, si ça l'empêche pas d'être, d'avoir des réponses appropriées en terme d'éducation. Combien d'enfant vivent dans des milieux qui sont pas tout à fait hygiéniques, on va dire ? Ça ne les empêche pas de grandir donc... Et puis il faut faire attention à ça, à vouloir cerner tous les points d'une situation et demander aux parents d'être bon partout. Voyez, cette sur-exigence, elle peut être hyper stressante pour les parents. »(entretien 2)
Dans l'équipe du SASP il n'y a pas de personnel médical ayant le souci du protocole et de l'hygiène, peut être que cela participe à valoriser les réponses éducatives appropriées.

Pour finir, nous restons avec nos interrogations sur l'accompagnement de la parentalité lorsque l'enfant est placé ou lorsque, dans les situations extrêmes, l'autorité parentale est retirée partiellement ou totalement.

Sandrine
Admin

Messages : 15
Date d'inscription : 05/03/2016

Voir le profil de l'utilisateur http://groupedenquete.forumactif.org

Revenir en haut Aller en bas

Reprise partie "des limites de l'accompagnement"

Message par CamilleV le Jeu 14 Déc - 9:45

3) Durée et pérennité de l'accompagnement

La question du temps de l'accompagnement nous semble cruciale et déjà elle se pose à nous alors même que notre projet n'en est qu'à son commencement.

Quand doit commencer la prise en charge et quand doit-elle finir ? Quels doivent être les limites temporelles de l'intervention éducative ? Et par là quelles limites poser à l'action d'accompagnement elle-même ? Et puis n'y aurait-il pas lieu d'accompagner les parents vers un réseau où ils puissent trouver des appuis en dehors du service, pour aller vers une fin éventuelle de l'accompagnement, et expérimenter d'autres alternatives, d'autres formes de soutien ?

Nous vous avons longuement questionné sur ces sujets lors de nos deux échanges, au travers de votre fonctionnement institutionnel, de vos contrats d'accompagnements, de votre procédure d'admission, etc. Les réponses que vous nous avez offertes, et surtout les interrogations qu'elles nous posent, vont encore une fois nous permettre d'esquisser certains axes que nous voudrions mettre en avant dans notre propre projet.

Ainsi vous avez pu nous dire que la demande d’accompagnement venait des personnes elles-mêmes, qu'elles soient accompagnées ou non par un autre service : « Le contrat d'accompagnement et les projets personnalisés d'accompagnement ne sont signés qu’entre les parents et notre service. On considère que l'engagement se prend à ce niveau là. Ce sont des personnes qui nous demandent un accompagnement (…) C'est avec les parents qu'on définit ensemble avec qui on va pouvoir travailler, se mettre en lien pour pouvoir répondre à telle ou telle question ou régler un élément de la situation.»

Par ailleurs vous nous avez informé que ce contrat d'accompagnement « peut être arrêté à tout moment, à la demande des personnes par exemple. S'il y a quelqu'un qui veut arrêter, eh ben on ne peut pas s'opposer au fait que ça s'arrête. Et puis nous institutionnellement on peut reconduire un contrat jusqu'à la majorité du dernier enfant. » [entretien 1]

Le fait d'accompagner les parents jusqu’aux 18 ans du dernier enfant semble être une spécificité de votre structure. D'autres en effet limitent leur intervention aux 8 ans de l'enfant. Partant de là un calcul simple nous fait voir que si telle famille X ou Y a 3 enfants, cela peut engager dans votre service un accompagnement d'une durée d'au moins 21 ans.

Ces échéances longues interrogent à deux niveaux au moins :

D'abord quant aux effets que cette proposition engage face aux capacités d'accueil du public, avec une possible limitation du turn-over des usagers. N'y a-t-il pas un risque de ne s'adresser qu'à un nombre limité de "familles historiques", sans être en capacité de répondre aux besoins des nouveaux parents ?
Ensuite quant aux effets de dépendance éventuels qui pourraient s'établir entre ces "familles historiques" et le SASP. Accompagner c'est en effet pour nous aller vers une fin de l'accompagnement, ce qui est le sens de l'émancipation (terme préférable à nos yeux à celui d'autonomie). Or si le SASP ouvre des opportunités inespérées, le bénéfice de son action n'est-il pas empêché par cette contrainte temporelle, qui si elle était plus limitée pourrait alors ouvrir parents et professionnels sur d'autres ajustements en prise avec d'autres institutions sociales ?

Or le fait est que votre service offre déjà certaines réponse partielle aux limites que nous venons de pointer. En premier lieu grâce au travail effectué sur l'insertion et l'orientation des personnes vers votre réseau partenarial : « Une autre partie du travail va être non pas d'accompagner au domicile mais d'accompagner les parents qui le souhaitent et qui en ont besoin vers des services de proximité, que ce soit la PMI, à l'école, pour un mode de garde particulier, etc. C'est toute cette mission d'articulation et de coordination des intervention dont on parlait plus tôt. Ce qui donne lieu à des réunions de concertation, dans lesquelles la plupart du temps les parents sont présents, pour voir avec eux ce dont ils ont besoin, comment on peut fonctionner au mieux, et comment les choses peuvent s'articuler. » [entretien 1]

Ce travail de réseau/partenariat nous paraît capital, dans la mesure où selon nous il doit et peut permettre une certaine forme de passage de relais, et donc une émancipation possible des usagers à l'égard du service. Pour fonctionner, ce passage de relais doit aussi bien coïncider avec une mission d'information et/ou de formation auprès des partenaires, afin de les rendre "aptes" ou tout du moins "sensibles" à la spécificité du public concerné, à ses besoins, à ses difficultés propres. Et là encore votre structure semble s'être saisie de cette dimension avec force : « la troisième mission [du SASP], c'est d'être service-ressource sur le territoire pour faire de la formation, de l'information auprès du public et des professionnels » [entretien 1].

Parallèlement vous proposez aussi des espaces d'échanges de savoirs destinés aux parents : « Dans les modalités que l'on propose on a des modalités collectives. Et donc certain samedi on a des modalité d'accueil parents-enfants qui sont proposées, et donc là c'est le samedi matin, avec deux professionnels qui assurent l'accompagnement. C'est pas tous les samedis, il y en a trois ou quatre dans l'année. On peut pas faire beaucoup plus. Et puis on a aussi des week-ends accompagnés, du vendredi au dimanche. Là aussi c'est encadré par deux professionnels. Il y en a quatre dans l'année. Ce sont les familles qui viennent, trois ou quatre d'entre elles dans un même gîte, et elles passent le week-end ensemble, avec l'encadrement des éducateurs. Et les éducatrices travaillent un certain nombre de points en s'appuyant sur le quotidien.» [entretien 1]

Là encore ces espaces pourraient permettre une certaine autonomisation des parents, dans le sens déterminé plus haut, à la condition toutefois qu'ils soient abordés, élaborés ou encore construits différemment. Pourquoi en effet limiter l'accès à ces espaces aux seules familles PADI ? Pourquoi n'en pas faire partager le bénéfice à d'autres familles "ordinaires" désireuses de transmettre leurs expériences et leurs savoir-faire ? Pourquoi ne pas organiser des journées dont la thématique pourrait intéresser aussi bien le public concerné qu'une population plus élargie ? Pourquoi enfin ne pas co-animer ces journées avec d'autres organismes ou associations qui se mobilisent autour de la cause parentale ?

Pistes de travail :

Chercher à en savoir plus sur les expériences communautaires menées au Royaume-Uni, telles que décrites succinctement dans le colloque de Lille :
« Le Coventry Gravepine met en relation des mères avec des difficultés d’apprentissage avec d’autres mères de la communauté. Ces parents de la communauté deviennent une sorte d’ami pour ces mères, ils les défendent, leur apprennent des choses et les soutiennent au sein de la communauté. » [Parents avant tout, colloque de Lille 2015, intervention de Beth TARLETON et Nadine TILBURY, P.13]

Sonder quel partenariat pourrait être possible avec des associations rassemblées autour de la question parentale. Par exemple sur Lyon :

http://www.lacausedesparents.org/

http://www.mafamillecommeunique.org/association-communication-parentalite.html

CamilleV

Messages : 31
Date d'inscription : 05/03/2016

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Retour sur l’interview pour la création d’un document à envoyer à Benoît Lacourt

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum